
Alain Barbero est né en 1960.
Il vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Bruxelles.
À la croisée de la photographie, de la littérature et des lieux.
Démarche
Son désir de photographie naît peut-être à Biarritz, lors des tempêtes d’équinoxe de 1987. Il cherchait alors à restituer une atmosphère apocalyptique, fin de siècle, celle d’un décor à la dérive, comme un écho à ses états d’âme.
L’acte photographique est rapidement devenu un acte de révélation. L’évocation prime sur la description.
Les intentions se lisent, le point de vue se devine à travers les choix de cadrage, de profondeur de champ, d’équilibre entre lumières et ombres.
Photographier, c’est dérober quelque chose au réel.
L’image produit du rêve. Elle suggère une atmosphère propice à l’éclosion d’un imaginaire. Pour nourrir cet imaginaire, il choisit un lieu, un espace particulier, dans lequel le modèle complice se laisse guider par les suggestions du décor. Lorsqu’il trouve sa place, il ne reste plus qu’à attendre, à l’affût du regard d’où surgit l’émotion.
Cet imaginaire s’enrichit ensuite par la magie du post-traitement, œuvre de reconstruction. Il s’est d’abord approprié cette alchimie singulière qu’est le tirage argentique — moment privilégié où tout se joue, instant de solitude où les mains dansent dans le faisceau lumineux de l’agrandisseur, à la recherche de l’image.
Cette magie s’est un temps éteinte lorsque le pixel a chassé le grain d’argent. Les mains ne dansaient plus sous les sunlights. Il a fallu une dizaine d’années, quelques rencontres, et un séjour viennois en 2013 pour retrouver le chemin, puis le goût.
Depuis, il reconstruit à nouveau, avec le pixel comme hier avec le grain d’argent. Le charme est toujours là : regards, lignes, arabesques, éclats et ombres à dévoiler ou à cacher, pour des émois à distiller.
Parcours
Photographe, il développe dans les années 1980 et 1990 un travail en noir et blanc argentique, principalement consacré au portrait. Ces images donnent lieu à de nombreuses publications dans la presse ainsi qu’à plusieurs expositions, notamment autour de séries de portraits féminins.
Avec le passage de l’argentique au numérique, son travail évolue. Le regard se déplace, les formes s’ouvrent.
Vienne devient un lieu central de cette transition.
En 2013, il y fonde avec l’écrivaine autrichienne Barbara Rieger le blog photo-littéraire Café Entropy, espace de dialogue entre photographie, écriture et lieux.
Cette collaboration se prolonge dans plusieurs ouvrages mêlant image et littérature : Aus Sprache (art science, 2015), Melange der Poesie (Kremayr & Scheriau, 2017), puis Kinder der Poesie (Kremayr & Scheriau, 2019), réunissant écrivain·e·s et photographies autour de thèmes communs, souvent liés à l’espace, au temps et à la mémoire.
En 2021, l’exposition De l’Argentique au Numérique présente une rétrospective de son travail, rassemblant photographies argentiques et numériques, en noir et blanc et en couleur.
Livres & projets
Aus Sprache (Ed. art science, 2015)
Melange der Poesie (Ed. Kremayr & Scheriau – 2017)
Kinder der Poesie (Ed. Kremayr & Scheriau – 2019)
Café Entropy, projet photo-littéraire (depuis 2013)
Refaire le monde (2026)
Expositions
Son travail est présenté en Europe lors de tournées et d’expositions, dans des cafés, librairies, bibliothèques, institutions littéraires et salons.
Vienne – Saint-Pétersbourg – Sofia (Bilgarie) – Rome – Bruxelles – Paris – Lille – Dortmund – Essen (Allemagne) – Dénia (Espagne)
« La photographie est la littérature de l’œil »
— Rémy Donnadieu